Les Mondes Nordiques
Depuis sa création en 2004, le Festival du livre en Bretagne à Guérande se veut d'abord et avant tout la "vitrine" de la création littéraire et de l'édition de livre des cinq départements bretons. Mais la Bretagne est aussi, depuis toujours, un pays résolument ouvert sur les autres peuples et les autres cultures, les Bretons ont parcouru le monde, sillonné les mers et visité tous les continents. Les organisateurs du Festival proposent donc aussi chaque année un thème permettant aux visiteurs de découvrir, en plus, un domaine de la littérature élargissant encore leur horizon, tout en ayant une relation forte avec la Bretagne. Après "le monde celtique" en 2007 et "le monde du travail" en 2008, les organisateurs du Festival ont choisi cette année, comme thème d'accompagnement : les mondes nordiques. Il s'agit de l'ensemble des pays d'Europe situés au nord de l'Allemagne et de la Pologne et à l'ouest de la Russie, qui, après avoir été longtemps séparés de nous par des frontières quasi-infranchissables (dont le "rideau de fer" de 1945 à 1990), se retrouvent depuis une quinzaine d'années dans un même espace géopolitique, qu'ils soient membres de l'Union Européenne et de l'OTAN ou associés. Ces pays partagent tous désormais avec nous les mêmes valeurs de démocratie et de liberté. Mieux les connaître, c'est mieux connaître l'Europe qui est devenue notre patrie commune et qui joue un rôle toujours plus grand dans notre vie quotidienne. À travers la littérature et les livres, nous continuons ainsi de resserrer nos liens culturels avec des pays et des peuples que nous ne connaissons pas assez et avec lesquels la Bretagne et en particulier le pays guérandais ont eu autrefois des relations suivies, principalement grâce au sel.
Similitudes
Par leur superficie et le nombre de leurs habitants, ces pays ont des dimensions souvent assez proches de celles de la Bretagne (34 000 km2, 4 250 000 habitants aujourd'hui) :
• Danemark.........43 093 km2..............5 300 000 habitants
• Estonie..............45 227 km2..............1 770 000 habitants
• Finlande..........338 145 km2..............5 180 000 habitants
• Islande.............103106 km2.................330 000 habitants
• Lettonie............64 589 km2...............2 290 000 habitants
• Lituanie.............65 200 km2..............3 410 000 habitants
• Norvège.........385 155 km2...............4 630 000 habitants
• Suède............449 964 km2...............9 070 000 habitants
Ces huit pays comptent ainsi près de 32 millions d'habitants, qui parlent autant de langues différentes : danois, estonien, finnois, islandais, letton, lituanien, norvégien et suédois, sans compter la langue des Inuits du Groenland (qui dépend du Danemark), ni encore le lapon. Quatre de ces pays parlent des langues germaniques, du rameau scandinave : Danemark, Islande, Norvège et Suède, auquel il faut ajouter la Finlande où existe une importante minorité de langue suédoise. Il faut ajouter aux quatre langues scandinaves parlées dans ces pays le féringien, parlé par les 47 000 habitants de l'archipel des Féroé, qui dépend du Danemark, mais jouit d'une large autonomie. En Estonie, Lettonie et Lituanie, il existe aussi aujourd'hui d'importantes minorités russophones, héritage de l'histoire. Au nord de la Norvège, de la Suède et de la Finlande, vivent plus de 60 000 Lapons (Sami). Trois de ces huit pays, qui bordent la mer Baltique à l'est et qui ont été rattachés pendant près de trois siècles à l'empire de Russie, puis à l'URSS, sont appelés en français les pays "Baltes", mais ce terme ne correspond aucunement à une parenté culturelle ou linguistique et ils sont très différents entre eux. Au sein de l'Europe, ces trois petits États revendiquent précisément aujourd'hui une identité "nordique" partagée avec leurs voisins de Scandinavie.
Des nuits d'hiver bien longues, des pratiques démocratiques exemplaires et les meilleurs systèmes éducatifs de la planète.
Ces "mondes nordiques" ont en commun un certain nombre de caractéristiques qui les distinguent des autres régions et pays d'Europe et qui en font l'originalité.
C'est d'abord du fait de leur position géographique "nordique" un climat beaucoup plus rigoureux en hiver que dans le reste de l'Europe : le nord de la mer Baltique est pris par les glaces durant de nombreuses semaines, le sol y est gelé pendant plusieurs mois; la Norvège et l'Islande possèdent de grands glaciers. C'est aussi des régions où les nuits sont extrêmement longues au coeur de l'hiver et extrêmement courtes au début de l'été. Ces pays ont été longtemps couverts par des glaciers (qui en ont façonné les paysages) et ils ont donc été totalement vides d'hommes jusqu'à 12 000 à 15 000 ans avant Jésus Christ. Ils sont demeurés ensuite absolument en dehors de la civilisation celtique, puis de l'Empire Romain et de la civilisation gréco-romaine. Leur conversion au christianisme, facteur d'unité culturelle du continent, y a été très tardive. À la Réforme, ces pays sont tous devenus luthériens très vite, en quelques années ( à l'exception de la Lituanie et d'une partie de l'actuelle Lettonie restées catholiques). Plusieurs de ces pays dont les habitants ont aujourd'hui parmi les plus hauts niveaux de vie de la planète, ont connu des périodes de grande misère jusqu'au XIXe siècle et souvent une forte émigration (plus de 300 000 Suédois sont partis en Amérique du Nord à la fin du XIXe). Les économies de plusieurs d'entre eux - Estonie, Islande, Lettonie et Lituanie - sont cependant très gravement touchées par la crise financière qui a éclaté en 2008. Ces pays dont les habitants ont tous su lire et écrire de bonne heure, restent parmi les premiers du monde pour la qualité de leurs systèmes éducatifs. La Finlande se classe ainsi régulièrement en tête pour l'excellence du sien. Le plurilinguisme y est partout la norme et la grande majorité des habitants y maîtrise notamment bien l'anglais. Les habitants de ces pays sont parmi les plus grands lecteurs de livres et aussi les plus grands lecteurs de journaux de la planète. Ce sont également des démocraties exemplaires, des pays où la corruption est quasi-inexistante. Le modèle économique et social scandinave (et nordique), même s'il a évolué, reste celui d'un capitalisme modéré, toujours marqué par une importante redistribution des richesses, des écarts de revenus nettement moins forts qu'ailleurs et aussi des inégalités nettement moins marquées qu'ailleurs entre les hommes et les femmes... Ayant tous des façades maritimes, ces pays ont eu depuis des siècles des rapports très forts avec la mer. La pêche a tenu et tient toujours une place importante dans leurs économies et la consommation de poisson y reste élevée. En revanche, ce sont des pays dans lesquels le vin a toujours été une boisson étrangère, rare et chère, mais des pays qui produisent et consomment d'excellentes bières, ainsi que des alcools de grains dont il est fait une consommation souvent excessive, notamment en fin de semaine... Ce sont aussi des pays dont les habitants vivent en étroite communion avec la nature et où l'on fait depuis longtemps une place importante à l'entretien du corps. Ce n'est pas pour rien que l'on parle de la gymnastique "suédoise". Dans beaucoup de ces pays, le "sauna" est un équipement courant dans toutes les habitations. Ces pays sont aussi à la pointe de la modernité dans bien des domaines : architecture, urbanisme, design des produits, esthétique industrielle, diffusion massive des nouvelles technologies...
Quatorze Prix Nobel de littérature
Ces pays ont compté et comptent toujours de très nombreux écrivains de talents, dont quatorze prix Nobel de littérature :
1903 Bjornstjerne Bjornson (Norvège)
1909 Selma Lagerlöf (Suède)
1916 Carl Gustav Verner von Heidenstam (Suède)
1917 Karl Gjellerup (Danemark) et Henrik Ponoppidan (Danemark)
1920 Knut Hamsun (Norvège)
1928 Sigrid Undset (Norvège)
1932 Erik Axel Karlfeldt (Suède)
1944 Johannes Vilhelm Jensen (Danemark)
1951 Pär Lagerkvist (Suède)
1955 Halldor Kiljan Laxness (Islande)
1974 Eyvind Johnson (Suède) et Harry Martinson (Suède)
Des liens anciens avec la Bretagne et le pays Guérandais
Ces liens sont ténus, mais bien réels.
Durant le Haut Moyen Âge, des moines celtes, principalement irlandais, se sont établis dans les îles de l'Atlantique Nord, aux Féroé, en Islande et sans doute jusqu'en Amérique, avant l'arrivée de Scandinaves, au moment même où d'autres moines celtes, issus des mêmes monastères irlandais ou gallois, créaient des ermitages et des monastères sur le littoral breton. Les Scandinaves et les habitants des pays celtiques modernes ont cohabité durant plusieurs siècles dans les archipels écossais (Shetlands, Orcades, etc.), dans l'île de Man, en Irlande, etc. Il y a eu aussi au VIIIe siècle les raids des pirates scandinaves sur les côtes bretonnes, puis une occupation de toute la Bretagne par les Hommes du Nord pendant plusieurs décennies et la Bretagne a bien failli devenir une deuxième Normandie. La présence des Normands est attestée en divers lieux de la région guérandaise et sur l'estuaire de la Loire. Il en est resté des traces archéologiques : on a retrouvé des armes vikings dans le lit de la Loire, on sait que l'île Batailleuse, près d'Ancenis, fut le siège d'un grand camp viking, il y avait même une belle sépulture viking dans un drakkar enterré à l'île de Groix, mais elle a malheureusement été détruite... Il est probable que des Bretons capturés lors de razzias ont été ramenés comme esclaves en Scandinavie et que les Vikings ont laissé des descendants en Bretagne, ce que confirment aujourd'hui les recherches sur l'ADN des habitants de notre péninsule.
Le sel, "or blanc" des échanges entre le pays guérandais et les mondes nordiques
Il y a eu pendant plusieurs siècles, de la fin du Moyen Âge aux Temps modernes, le transport et la vente du sel de la baie de Bourgneuf et de la presqu'île guérandaise dans les pays riverains de la mer du Nord et de la mer Baltique, longtemps sous l'égide de la puissante Ligue Hanséatique. Ce n’est qu’en 1369 que de petites quantités de sel breton apparaissent pour la première fois dans les registres douaniers de Hambourg. Un véritable courant commercial vers la mer Baltique ne s’instaura qu’à la fin du XIVe siècle, d’abord à l’initiative des gens de Hambourg, puis de négociants de Livonie et enfin de ceux de Lübeck, tous intéressés par cette nouvelle source d’approvisionnement à la fois bon marché et de bonne qualité.
Dans son livre sur Le commerce maritime breton à la fin du Moyen Âge (Paris, 1967), Henri Touchard a écrit : “Marins et marchands des mers nordiques s’intéressent, en Bretagne surtout, à la baie de Bourgneuf, pour laquelle s’ouvre un siècle de prospérité, malgré les multiples conflits qui opposent les différentes nations qui la fréquentent. En 1408, 24 ou 25 grosses hourques sont ancrées au Collet, malgré l’effacement momentané des Hanséates qui ne reparaissent qu’en 1409 après la liquidation de la crise avec l’Angleterre. Chaque année à Reval (Tallinn, actuelle capitale de l'Estonie), les navires arrivant de la Baie sont plus nombreux. De 1427 à 1433, ils forment près de 36% du trafic et amènent annuellement 2 500 last de sel, 83% du total. En 1438, la flotte hanséatique de la baie compte 34 navires et en 1442 Reval avec 59 navires de sel, atteint le total le plus haut du siècle. Toutes les villes hanséatiques participent au trafic : les Hambourgeois arrivés les premiers ont été rejoints par les marins de Lübeck qui, en 1442, assurent l’essentiel du trafic de Reval et ceux de Wismar et des ports prussiens et livoniens. Sur 1 700 navires entrés dans le port de Reval (aujourd’hui Tallin) entre 1426 et 1496, 1 216 transportaient du sel breton et près du tiers venaient directement de la baie de Bourgneuf. Les historiens estiment à environ 5 000 tonnes la quantité de sel breton qui transitait alors par le Sund, c’est à dire le détroit situé entre le Danemark et la Suède. Des marchands de Riga venaient prendre le sel à Reval pour le revendre à Dorpat et à Narva. Le transport et le négoce du sel furent très longtemps le quasi-monopole des Hanséates et les navires bretons ne jouaient qu’un rôle de “rouliers” c’est à dire de transporteurs pour le compte d’armateurs le plus souvent étrangers. Le premier navire breton à se risquer dans la Baltique n’est signalé qu’en 1535. Il ne put donc y avoir d’échanges directs entre des marins et commerçants bretons avec des habitants des villes baltes recevant du sel de la Baie, comme Reval, et encore moins avec les marchés russes de Novgorod, Smolensk et autres, où étaient présents des Hanséates.
Dans la seconde moitié du XVe siècle, on assiste à un déclin des Baienfahrten. “De 1479 à 1483, 37 navires chargés de sel de la Baie entrent en moyenne à Reval, après 1484, 20, et certaines années, comme en 1485 et 1493, aucun arrivage n’est signalé. Certes les difficultés politiques s’accumulent : les Hanséates subissent tous les contrecoups des guerres et sont la cible aussi bien des pirates anglais que danois, espagnols ou français. Même avec la Bretagne, malgré le sauf-conduit de sept ans que François II leur accorde le 15 avril 1477, le traité de commerce qu’il signe en janvier 1479 et la paix de dix ans que conclut en son nom Antoine Baudin à Bruges, les relations ne sont pas sans heurts.”
L'exportation de sel breton vers les pays nordiques a continué encore, modestement, jusqu'au XIXe siècle, et on en a un témoignage dans la littérature. Dans son roman Béatrix, publié au printemps de 1839 dans le journal Le Siècle, Honoré de Balzac (1799 - 1850) fait dire à un de ses personnages : "... Vous m'avez tant parlé des difficultés de la route que je vais essayer d'arriver au Croisic par mer. Cette idée m'est venue en apprenant ici qu'il y avait un petit navire danois déjà chargé de marbre qui va y prendre du sel en retournant vers la Baltique..." On sait que Balzac séjourna au Croisic et à Guérande en juin 1830 et cette évocation du passage d'un navire danois est certainement liée à un souvenir personnel.
Graines de lin, rogue, morue et bois du nord
Le sel n'a pas été la seule marchandise voyageant par mer entre la Bretagne et les pays nordiques.
Il y a eu les graines de lin importées des régions baltiques jusqu'à la fin du XIXe siècle pour la culture de cette plante textile (dont les graines dégénéraient en Bretagne); il y a eu la rogue utilisée par les marins-pêcheurs bretons; il y a eu, jusqu'à aujourd'hui (sur la zone portuaire de Nantes Cheviré), l'importation des bois du nord; il y a eu la pénétration de capitaux scandinaves dans l'industrie bretonne (comme le rachat de la firme nantaise Clergeau par le groupe Svenska Cellulosa)...
Les marins-pêcheurs bretons de la côte nord, notamment les Paimpolais, ont été nombreux à aller pêcher la morue en Islande. Des navires bretons ont exploré les rivages de l'Atlantique Nord et y font fait des travaux d'hydrographie que ce soit Yves de Kerguelen-Tremarec au XVIIIe ou le commandant Charcot au XXe siècle, et c'est sur les côtes islandaises que le Pourquoi Pas ? a fait naufrage en 1936.
Dans le domaine de l'exploration géographique, il faut aussi évoquer la fameuse Expédition de Laponie menée par le Malouin Maupertuis durant l'hiver 1736-1737, les expéditions géographiques du Breton Charles Rabot dans les montagnes du nord de la Norvège et au Spitzberg (son nom a été donné à un glacier norvégien et à l'actuelle base scientifique française du Spitzberg).
Il faut aussi évoquer les voyages à pied de Jacques-Louis de Bougrenet de La Tocnaye (Nantes, 1767 - Bouguenais, 1823) à partir de 1798. Ce gentilhomme breton parcourut près de 5 000 milles (plus de 7 000 km) à travers la Scandinavie, jusqu'en Laponie, et fit paraître le récit de ses voyages à Copenhague en 1800 : Promenade en Suède et en Norvège. À la restauration, il devint maire de Bouguenais et le resta jusqu'à sa mort.
Un autre gentilhomme breton parcourut aussi ces régions à la même époque, Pierre-Marie-Louis de Boisgelin de Kerdu (Plélo, 1758 - Pleubian, 1836) et il fit paraître le récit de ses voyages en anglais en 1810 à Londres : Travels through Denmark and Sweden.
Des Bretons se sont aussi illustrés dans des relations diplomatiques et militaires, que ce soit le comte Louis de Plélo (Rennes, 1699 - Gdansk, 1734) qui fut ambassadeur de France à Copenhague de 1729 à 1734, le Guérandais François Guillemot (1681-1760) qui participa aux côtés du tsar Pierre le Grand à la longue guerre contre les Suédois, fut chef d'escadre en mer Baltique et qui posséda de grands domaines en Estonie, ou encore les Bretons engagés en 1940 dans l'expédition de Norvège à Narvik.
Romanciers et Navigateurs
Parmi les écrivains bretons qui ont été inspirés par les mondes nordiques, il y a évidemment Jules Verne qui y fit un voyage en 1859 (et qui en laissa un récit inachevé : Joyeuses misères de trois voyageurs en Scandinavie). Le grand écrivain nantais a situé plusieurs de ses romans dans les pays nordiques : en Islande, le Voyage au centre de la Terre (1864), en Norvège Un billet de loterie (1888) et en Estonie Un drame en Livonie (1904).
En sens inverse, des auteurs scandinaves sont venus en Bretagne, en particulier Björn Larsson qui a beaucoup navigué sur un voilier au large de l'Écosse, de l'Irlande et de la Bretagne et auquel ces navigations ont inspiré un roman Den Keltiska Ringen (Le Cercle celtique) publié à Stockholm en 1992. Il faut enfin signaler que l'un des plus fameux romanciers suédois actuels est d'origine bretonne par son père : Jan Oscar Sverre Lucien Henri Guillou, né à Södertälje en Suède le 17 janvier 1944, était le fils de Charles Guillou, alors employé à l'ambassade de France à Stockholm...
Des Bretons sont installés aujourd'hui dans les divers pays nordiques et la Bretagne compte actuellement un nombre non négligeable d'habitants originaires des pays nordiques. La Bretagne possède aujourd'hui trois grands magasins Ikea, à Saint-Herblain, Brest et Pacé, près de Rennes, qui attestent de l'engouement des Bretons pour les formes et les lignes scandinaves. Le lancement de la course à la voile "la route de l'ambre", entre Saint-Quay-Portrieux et Klaipeda, en Lituanie, a aussi permis de renouer cette année les vieux liens maritimes entre la Bretagne et les pays de la mer Baltique, tandis que la course "Skippers d'Islande" entre Paimpol et Reykjavik a encore ravivé les liens entre notre péninsule et l'Islande.